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 Le Marché | Le droit de marché à Duclair Richard Cœur de Lion, alors Roi d'Angleterre et Duc de Normandie livrait bataille contre Philippe Auguste afin de maintenir son autorité sur ses terres.
Le 16 mai 1198, il mit en déroute Philippe Auguste à Vernon et vint se reposer à l'Abbaye de Jumièges. Il y passa les fêtes de la Pentecôte et n'en repartit que pour aller à la rencontre du Roi de France disposé à faire le siège du château de Courcelles, pris par Richard.
Ce dernier se rappelant le bon accueil qui lui fut fait à Jumièges, accorda aux religieux le droit de marché à Duclair pour le mardi de chaque semaine. La charte fut datée des Andelys, le 28 août 1198 (D'après l'ouvrage Histoire de l'abbaye royale de Jumièges de M. C.A. DESHAYES, 1829).
En peu de temps, le nouveau marché avait pris une grande importance. Déjà les marchands savaient s'entendre pour faire monter les prix, ainsi, en 1483 les habitants se plaignaient du prix exorbitant auquel on vendait sur le marché la bière et la cervoise. Il fallut qu'une ordonnance soit prise pour régler le différend.
Ce droit de police s'exerçait à l'appel des religieux de Jumièges, qui se plaignaient souvent de ne pas jouir de toutes les droitures et franchises.
En 1662, le marché était très célèbre par la fréquence et le grand nombre de marchands. Aussi les marchands de grains de Rouen achetaient avant l'ouverture de la halle tous les grains s'y trouvant et le public ne pouvait jamais en acheter, les désordres éclatèrent. Une ordonnance fixa la vente de l'avoine à 9 heures, celle des pois et vesces (plantes fourragères) à 10 heures et celle du blé à 11 heures.
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| Au XVIIIe siècle, l'état des halles était lamentable, malgré les revenus que tirait l'abbaye de ces "juteux" marchés. 1455 livres de réparations ont été établies sur devis pour la grande halle à blé, avec à l'étage, la salle de justice aux officiers de l'abbaye, la prison, la petite halle, la halle boucherie et la halle aux toiles.
En 1793, à la confiscation des biens du clergé, la commune de Duclair perçut à son profit les coutumes (redevances).
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|  Et puis deux siècles se sont encore écoulés et, les gens se donnent toujours rendez-vous au marché. Jusqu'à la dernière guerre on s'y rend en voiture à cheval, elles se suivent sur les routes caillouteuses et encombrent les emplacements devant les auberges. Un peu plus loin, sur une alignée de bancs, les fermières vendent les livres de beurre entourées de feuilles d'oseille. On n'oublie pas d'acheter le "Journal de Duclair" et on reprend le chemin du retour avec le pain sabot et les roulettes, seules friandises de la semaine. |
| Depuis des générations, le marché de Duclair est un véritable forum, où chaque mardi, des gens du canton et d'ailleurs affluent sur la place pour acheter ou vendre, mais surtout pour échanger, s'informer, se faire plaisir. Pour les anciens, c'est la grande sortie qu'on ne rate jamais : "Il n'est pas venu au marché, c'est qu'il est arrivé quelque chose de grave."
Maintenant, les étals des marchands couvrent toujours la place, à l'ombre d'un nouvel hôtel de ville. La tourmente est passée par-là, la nouvelle génération est née et elle prend toujours autant de plaisir à flâner sur la grande place.
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